Le Buttergate et l'appel à la transparence

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Le Buttergate et l'appel à la transparence

Catégorie: Management | Sujet: Public Trust and Consumer Advocacy

Date de publication: mai 13, 2021

Le contexte

En février 2021, une publication de Julie van Rosendaal sur la page Facebook « Dinner With Julie » et un sondage mené sur Twitter par Sylvain Charlebois de l’Université Dalhousie ont lancé le #buttergate, une controverse sur le lien entre la consistance du beurre et l’utilisation de l’huile de palme dans l’alimentation des vaches laitières qui a été reprise par les médias du monde entier.

La nature controversée des ingrédients dérivés de l’huile de palme utilisés dans la nourriture pour animaux est attribuable à la mauvaise presse qu’a l’huile de palme en raison des répercussions environnementales de sa production et du risque qu’elle représente pour la santé humaine.

L’utilisation de ces additifs est légale au Canada et aucun lien direct n’a été établi jusqu’à présent entre la quantité d’ingrédients dérivés de l’huile de palme présents dans l’alimentation des vaches laitières canadiennes et la consistance plus ferme du beurre à la température ambiante qui a été observée récemment au Canada.

Toutefois, plusieurs associations de l’industrie laitière (Conseil des industriels laitiers du Québec inc., Les Producteurs de lait du Québec et Producteurs laitiers du Canada) ont demandé aux producteurs laitiers de cesser d’utiliser des aliments contenant des ingrédients dérivés de l’huile de palme pour préserver la confiance des consommateurs canadiens envers les produits laitiers.

En outre, on a demandé directement à certains producteurs laitiers canadiens s’ils utilisaient de l’huile de palme pour nourrir leurs vaches.

 

Qu’est-ce que cela signifie pour les agriculteurs?

Cette remise en question soudaine des pratiques d’alimentation du bétail comporte des risques pour l’ensemble des agriculteurs laitiers et des éleveurs.

RISQUE DE PERTE DE CONFIANCE DU PUBLIC

La difficulté de satisfaire rapidement à une nouvelle exigence de l’industrie ou de répondre aux questions de voisins ou de consommateurs pourrait accroître le risque de perdre la confiance du public.

RISQUE POUR LES ENTREPRISES

Cela pourrait entraîner une diminution de la consommation de produits laitiers et les exploitations agricoles pourraient voir leurs revenus réduits en raison du système de gestion de l’offre.

Cela met en évidence le risque que représente un système d’information inadéquat ou incomplet pour la gestion d’une exploitation agricole.

RISQUE POUR LA PRODUCTION

Par ailleurs, l’industrie peut exiger des agriculteurs qu’ils utilisent de nouveaux intrants qui pourraient présenter certains risques pour la production (diminution de la production laitière ou de la teneur en matières grasses) en raison de la transition vers de nouveaux aliments pour animaux et de l’adoption de nouvelles pratiques.

 

Comment les agriculteurs peuvent-ils gérer ces risques?

Tout d’abord, les agriculteurs doivent connaître la nature des intrants qu’ils utilisent et être en mesure de rendre compte de leur composition. Par exemple, un producteur laitier devrait demander la liste détaillée des ingrédients de chaque lot d’aliments pour animaux qu’il achète parce que les ingrédients peuvent varier même si les caractéristiques nutritionnelles sont les mêmes.

La collaboration avec les associations de l’industrie permettra aux agriculteurs d’évaluer le risque de controverse des aliments qu’ils utilisent et, par conséquent, de faire des choix plus éclairés lors de l’achat d’intrants.